L’ONG Cavoequiva a au début de ses actions en 2003, ouvert ses portes pour accueillir de jour les filles mineures victimes de la prostitution infantile, d’exploitation du travail et de violence physique et leur apporter les différents appuis (santé, alimentaire, psychosocial…). Mais une fois la nuit tombée, ces filles étaient obligées de retourner sur les différents sites de vulnérabilité pour y passer la nuit où elles étaient violées ou battus de nouveau. Une situation qui les exposait plus aux IST, VIH /sida.

L’une des approches préventives privilégiée par l’ONG Cavoequiva, est donc l’hébergement temporaire dans un Centre de Transit Communautaire, des jeunes filles mineures victimes de traite, d’exploitation sexuelle ou de travail, de prostitution infantile, viol, violences physiques, psychologiques et émotionnelles afin de les prémunir contre les IST, VIH/sida et les prendre en charge. L’objectif est de briser le cercle vicieux de la prostitution infantile dans lequel ces jeunes filles mineures y sont contraintes par des proxénètes et rechercher les familles biologiques des victimes et favoriser leur retour dans le cadre familial.

Le Centre de Transit Communautaire accueille en moyenne 5 victimes par semaine. La majorité de celles-ci sont identifiées sur les sites de vulnérabilité par les agents de l’ONG Cavoequiva ou par le biais des Centres Sociaux, les Brigades de gendarmerie, la Police Nationale de Côte d’Ivoire à travers la Sous- Direction de la Police Criminelle chargée de la Lutte contre le Trafic d’Enfants et la Délinquance Juvénile. Cette entité de la Police nationale a pour rôle de recueillir les victimes référées par les commissariats de police de la Côte d’Ivoire, les Centres Sociaux et la Communauté pour procéder à l’interpellation des bourreaux. Un mécanisme de référence et contre référence a été mis en place entre l’ONG Cavoequiva et la Police y compris tous les acteurs de la protection de l’enfant et des femmes pour coordonner les actions et faciliter le processus de prise en charge des victimes. Ce mécanisme a été renforcé en 2014 à travers un financement de l’ONUDC (Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime) avec de nouveaux partenaires tels que l’ONUCI (Organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire), OIM (Organisation Internationale pour la Migration), RAO (réseau de l’Afrique de l’Ouest) et Interpol.